L'automobile, qui a une place de choix de notre société (occidentale en tout cas), est un sujet qui m'inspire. Voici quelques réflexions jetées en vrac. Hors sujet ou pas, je me devais de les coucher quelque part.
A quel niveau se situe notre exigence concernant ce qu'on attend d'une automobile ? J'ai fait de nombreux longs trajets (Marseille - Bruxelles) avec des véhicules différents (aucun n'étant de catégorie ostentatoire) et j'en ai tiré les conclusions ci-après. Voici donc mes critères prioritaires dans le choix d'un véhicule :
La sécurité : si la technologie nous permet de mieux nous protéger, allons-y : ABS, ESP, maintien de trajectoire, détection d'endormissement, etc. J'inclus dans cette catégorie tout ce qui permet de communiquer sans toucher à son téléphone.
La sobriété : il est appréciable de faire 1000 kms avec un seul plein. Cette sobriété énergétique est la combinaison des éléments suivants :
La sobriété du comportement et le respect des consignes de sécurité : on fait d'une pierre deux coups
Le ratio poids/puissance : Une voiture légère combinée à un moteur de faible puissance. Je dispose actuellement de 90ch pour un peu moins d'une tonne et je ne comprends pas le besoin de plus (autant en poids qu'en puissance)
Un confort simple : actuellement, l'automobile la moins chère est largement assez confortable pour pouvoir imaginer tout type de trajet. Jusqu'à présent, je n'ai jamais eu mal au dos après un trajet de 1000 km (Fiat Punto, Citroën Berlingo, Dacia Logan). Suis-je une exception ?
Nous noterons que tous ces critères sont en contradiction avec le modèle de voiture électrique que l'on nous vend à l'heure actuelle : des SUV (lourds) avec des moteurs puissants (coûteux en énergie) et dotés de tableaux de bords qui feraient passer un A380 pour une bicyclette... Donc oui, à mon avis, la voiture électrique peut être un vecteur de verdissement de notre société sans que cela ne soit qu'un nouvel objet de convoitise et de consommation nous donnant bonne conscience, alors que nous ne faisons qu'exporter notre pollution.
Je finirais ce jet d'idées par ce qui pourrait également nous faire moins rouler :
Le confinement ne donne l'exemple que le télétravail n'est pas une utopie. Sortons les gens de la route et généralisons, d'autant plus qu'il a d'autres vertus : renouement avec la famille, limitation du burn-out et du bore-out, etc.
Sortons du tout-voiture et investissons (ou ré-investissons) dans nos transports en commun. On peut mettre des camions sur des rails, c'est possible !
Mutualisons nos déplacements. Là où les transports sont absents, il est possible de rationaliser, de rassembler nos besoins. Cela améliore aussi notre relations avec les autres.
Voici le résultat d'une étude très complète sur le sujet, par Aurélien Bigo, doctorant et ingénieur en géologie puis diplômé d'un master en économie de l'environnement :
https://twitter.com/AurelienBigo/status/1263779553975074817
En résumé :
Evolution 1960-2017 des voitures neuves en France :
Poids +62 %
Puissance +192 %
Vitesse max +43 %
Largeur +14 %
Longueur +3 %
Hauteur +21 %
Dans le même temps, le taux de remplissage moyen est passé de 2,3 personnes par véhicule en 1960 à 1,6 aujourd’hui.